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La MAINTENANCE

DIALOGUE

EMPLOI

BENCHMARKING

LETTRE INGEXPERT - Mars 2006

 

Voici l'intégralité de l'article rédigé par Guillaume Laloux Ingexpert et paru dans "Maintenance et entreprise" de janvier 2006.

Ingexpert Maintenance et Entreprise

 

 

Le marché de l'externalisation, situation du marché de la maintenance :

 

Dans sa lettre (newsletter) du mois de juin 2005 : http://www.ingexpert.com/mailing/lettres/mai05/, la société Ingexpert faisait le point sur la prestation de maintenance en comparant les points forts et les points faibles de 2 profils de prestataires de maintenance : les prestataires locaux et nationaux.

Le sujet de la prestation de maintenance prend aujourd’hui une tonalité importante, il est d’ailleurs repris par tous les donneurs d’ordres. Le sujet est de taille. L’avènement de l’externalisation a été favorable au développement des grosses structures de maintenance.

 

Les gros prestataires profitent d’un nouveau marché

Elles se sont formidablement adaptées aux besoins et ont gagné des parts de marché considérables. A tel point qu’aujourd’hui, en s’inspirant des désirs des donneurs d’ordre les plus inventifs, elles devancent même les attentes de certains de leurs clients en proposant par exemple de la maintenance globale très avancée, ou appelé encore « facility management ». La mutation a été portée par une évolution considérable du marché de l’externalisation. Les donneurs d’ordres soumis à la contrainte de diminuer leurs effectifs de maintenance (passant la plupart du temps par le non renouvellement des départs de personnel) se sont naturellement tournés vers les prestataires de maintenance qui présentaient le maximum de garanties en termes de coût, qualité et délais pour combler leurs manques. Les grosses structures de maintenance, pour parvenir à satisfaire leurs clients qui proposaient un marché croissant et élargi, sont notamment passés par de la croissance externe. Mais à mesure, le changement de physionomie des gros prestataires de maintenance a changé la relation avec le donneur d’ordres.

 

Le déclin de la prestation locale :

Les donneurs d’ordres alléchés par les annonces des gros prestataires de maintenance avaient bien souvent remplacés leurs prestataires de maintenance locaux par des gros prestataires.

o   Seul les petits prestataires, travaillant très bien, et / ou sur des périmètres très spécifiques ont conservé sans soucis leurs parts de marché.

o   Les autres prestataires locaux, avec qui le donneur d’ordre entretenait des relations parfois difficiles (par le biais des services achats, service maintenance, etc) ont été remplacés dans le cadre de l’arrivée d’un gros prestataire ou de l’évolution de périmètre à maintenir.

 

Le doute s’est installé :

Si dans un premier temps, le gros prestataire de maintenance présentait les meilleurs garanties pour absorber les demandes d’externalisation, au détriment des petites structures de maintenance qui débordées n’ont pas su ou pu s’adapter, ou pas pu, faute de moyen ou d’ambition pour atteindre des marchés demandant autre chose que strictement de la main d’œuvre.

Avec le recul, les choses petit à petit n’ont plus été perçues de la même façon :

o   tous les gros prestataires de maintenance ont annoncé puis promis des gains sur l’activité de maintenance à leurs clients qu’ils n’ont su tenir.

o   sans entrer dans le détail, hormis un accroissement du coût de l’activité de leur maintenance, les donneurs d’ordres se plaignent de plus en plus d’une dégradation de la disponibilité de leurs installations.

A des degrés divers, les gros prestataires de maintenance ont plus ou moins rejeté la faute sur le donneur d’ordre qui ne les aurait pas correctement informés sur les périmètres à externaliser et se sont parfois lancés dans un recours juridique pour mettre un terme à leurs engagements.

 

Situation nouvelle :

Nous sommes, depuis un peu plus d’un an dans une situation où le donneur d’ordres aimerait faire évoluer l’offre de prestation de maintenance. Or il est face à une offre qu’il a lui-même contribué à restreindre. Les gros prestataires sont moins nombreux ainsi que les prestataires locaux, et ce, sous l’effet des rachats et de liquidation de sociétés. Certains donneurs d’ordres veulent revenir en arrière, réembaucher du personnel de maintenance, pour diminuer l’externalisation.

Les gros prestataires de maintenance ont eux aussi mal vécu certaines expériences de l’externalisation et rechignent à prendre certains marchés quand ils ne les comprennent pas suffisamment. Par exemple il leur est difficile de garantir la législation de tous les métiers que l’on voudrait leur faire assumer pour qu’ils puissent obtenir un marché. On leur demande parfois, dans le cadre du facility management, d’assurer le ménage de locaux dont ils assurent l’entretien du téléphone et des autres fluides, en même temps qu’ils doivent en garder l’accès.

Concernant les prestataires locaux, les données ont évoluées. Les donneurs d’ordres ont perdu confiance dans l’attitude des gros prestataires et aimeraient profiter à nouveau de la compétence technique, jugée très souvent élevée, des petits prestataires. Mais ceux-ci doivent s’adapter et semblent, en général, peu enclin à le faire.

o   Il faut qu’ils présentent des offres englobant la notion de progrès

o   Il faut qu’ils présentent des offres globales

C’est d’ailleurs pour cette absence d’adaptation que certains prestataires locaux, sont allés à leur perte. Beaucoup ont continué à miser sur leurs compétences techniques en continuant à négliger l’évolution du marché. Ils n’ont pas su, ou pas voulu participer aux appels d’offres élargis, en se groupant avec d’autres prestataires.

 

Une conjoncture européenne défavorable :

Le coût de la main d’œuvre de certains pays européens est plus bas que celui de la France. Si c’est un fait établi depuis des années, vient s’ajouter l’ouverture des frontières européennes et la grandissante simplicité avec laquelle il est possible de prendre des parts de marché à l’intérieur de la communauté européenne, en « exportant » de la main d’œuvre. Les entreprises françaises de maintenance, surtout dans le cadre des travaux d’arrêt, sont de plus en plus concurrencées sans que l’on sache actuellement quelle ampleur cela prendra à l’avenir. Mais il est également possible que les prestataires de maintenance français fassent intervenir, au moins de façon indirecte, du personnel étranger.

 

Une situation qui doit évoluer :

Hormis le problème spécifique à la maintenance, il existe un problème sérieux, voir grave au niveau du marché de l’entretien des équipements. Lors des arrêts d’unités des sites industriels, se sont les mêmes sociétés qu’énoncées ci-dessous qui interviennent.

Si les gros prestataires connaissent très bien leurs points faibles, les petits les comprennent moins et n’ont pas beaucoup de moyens de réagir. Les donneurs d’ordres ont du mal à faire le point, bien qu’ils aient maintenant noté certains constats. Le dialogue interentreprises s’est installé.

Nous sommes dans une situation négative pour le métier, mais qui a le mérite d’être l’aboutissement d’une conjoncture qui ne pouvait être vécue facilement. Nous sommes à une croisée de chemin, il faut maintenant savoir quelle voie prendre. La consolidation d’informations à la suite de la réalisation d’un état des lieux incluant les raisons de la situation permettra de travailler à l’élaboration d’une nouvelle politique qui est très attendue par tous les acteurs de la maintenance. Sans politique, l’histoire de la maintenance continuerait à s’écrire sans cap défini.

2 régions s’intéressent d’ailleurs au sujet et ont lancé des réflexions. Les régions Paca (CCI Marseille) et de Haute Normandie (CCI du Havre et de Rouen).

 

Bonne maintenance.

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